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Means of Escape: Stories

A suite of Penelope Fitzgerald's brief tales. Penelope Fitzgerald used to be probably the most highly-regarded writers at the English literary scene. except Iris Murdoch, no different author has been shortlisted such a lot of occasions for the Booker. Her final novel, 'The Blue Flower', was once the e-book of its yr, garnering outstanding acclaim in Britain, the USA and Europe.

The Safety of Objects: Stories

The step forward tale assortment that demonstrated A. M. houses as essentially the most bold writers of her generationOriginally released in 1990 to large serious acclaim, this amazing first selection of tales by means of A. M. houses confronts the true and the surreal on even phrases to create a anxious and infrequently hilarious imaginative and prescient of the yankee dream.

The Facts Behind the Helsinki Roccamatios

Listed here are 4 unforgettable tales through the writer of lifetime of Pi. Written past in Martel's occupation, those stories exhibit that startling mixture of dazzle and intensity that experience made Yann Martel a global phenomenon. artistic in shape and undying in content material, every one tale is relocating and thought-provoking.

The Joy of Funerals: A Novel in Stories

A tender widow who lusts, a daughter who aches, a shopaholic who hungers. .. the enjoyment of Funerals is a riveting assortment that explores the lives of 9 younger women, every one prepared to take drastic measures to fill the voids created by way of longing and loneliness. the 1st 8 face dying in a different way, whereas the 9th lady Nina ties all of them jointly by means of attending funerals in her seek to connect to others.

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Los angeles villa du bonnetier Gobichon, située à Arcueil3, est une maison à un étage, toute plate, bâtie en plâtre ; devant le corps de logis, s’allonge un étroit jardin enclos d’une muraille basse. Au milieu, se trouve un bassin qui n’a jamais european d’eau ; çà et là se dressent quelques arbres étiques qui n’ont jamais european de feuilles. los angeles maison est d’une blancheur crue, le jardin est d’un gris sale. los angeles Bièvre coule à cinquante pas, charriant des puanteurs4 ; des terres crayeuses s’étendent à l’horizon, des débris, des champs bouleversés, des carrières béantes et abandonnées, tout un paysage de misère et de désolation. Depuis trois années, Gobichon a l’ineffable bonheur d’échanger chaque dimanche l’ombre de sa boutique pour le soleil ardent de sa villa, l’air du ruisseau de sa rue pour l’air nauséabond de los angeles Bièvre. Pendant trente ans il a caressé le rêve insensé de vivre aux champs, de posséder des terres où il ferait bâtir le château de ses songes. Rien ne lui a coûté pour contenter son caprice de grand seigneur ; il s’est imposé les plus dures privations : on l’a vu, pendant trente ans, se refuser une prise de tabac et une tasse de café, empilant gros sous sur gros sous. Aujourd’hui, il a assouvi sa ardour. Il vit un jour sur sept dans l’intimité de los angeles poussière et des cailloux. Il mourra content material. Chaque samedi, le départ est solennel. Lorsque le temps est beau, l. a. direction se fait à pied ; on jouit mieux ainsi des beautés de l. a. nature. los angeles boutique est laissée à l. a. garde d’un vieux commis qui a cost de dire à chaque consumer qui se présente : � Monsieur et madame sont à leur villa d’Arcueil. » Monsieur et madame, équipés en guerre, chargés de paniers, vont chercher à los angeles pension voisine le jeune Gobichon, gamin d’une douzaine d’années, qui voit avec terreur ses mom and dad prendre le chemin de los angeles Bièvre. Et durant le trajet, le père, grave et heureux, cherche à inspirer à son fils l’amour des champs, en dissertant sur les choux et sur les navets. On arrive, on se couche. Le lendemain, dès l’aurore, Gobichon passe l. a. shirt du paysan : il est fermement décidé à cultiver ses terres ; il bêche, il pioche, il plante, il sème toute l. a. journée. Rien ne pousse ; le sol, fait de sable et de gravats, se refuse à toute végétation. Le impolite travailleur n’en essuie pas moins avec une vive pride l. a. sueur qui inonde son visage. En regardant les trous qu’il creuse, il s’arrête tout orgueilleux et il appelle sa femme : � Madame Gobichon, venez donc voir ! crie-t-il. Hein ! quels trous ! sont-ils assez profonds ceux-là ! » l. a. bonne dame s’extasie sur l. a. profondeur des trous. L’année dernière, par un étrange et inexplicable phénomène, une salade, une romaine haute comme los angeles major, rongée et d’un jaune sale, a european le singulier caprice de pousser dans un coin du jardin. Gobichon a invité trente personnes à dîner pour manger cette salade. Il passe ainsi los angeles journée entière au soleil, aveuglé par los angeles lumière crue, étouffé par l. a. poussière. À son côté se tient son épouse, poussant le dévouement jusqu’à los angeles suffocation.

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