By Lydie Salvayre

Le 18 août 1969 à l’aube, devant le parterre dévasté de Woodstock, Jimi Hendrix déchire le silence au son sauvage de sa guitare pour jouer l’hymne américain.
C’est un cri. Et ce cri, telle est l. a. conviction de Lydie Salvayre, seul Jimi Hendrix pouvait lui donner toute sa puissance. Parce qu’il est noir, de cette minorité qu’on envoie volontiers mourir au Vietnam.

Parce qu’il est aussi Cherokee, de cette minorité peau-rouge niée dans ses droits et dans sa dignité. Parce que sa mère a sombré dans l’alcool et a dérivé vers l. a. mort. Et parce qu’enfin los angeles musique a été sa seule balise, cette musique dont il fut un explorateur trop génial pour être tout à fait compris par son époque. Mais son supervisor le poussait à des tournées exténuantes et répétitives. Face au cynisme du convey enterprise, le génial guitariste et chanteur s’adonne à une consommation frénétique et désespérée de femmes et de drogues, dans une fuite autodestructrice qui le conduira à mourir dans son vomi.

Ressassant de façon litanique ce second historique du 18 août 1969, Lydie Salvayre tire les fils de los angeles biographie, mais affirme aussi los angeles puissance suicidaire de tout véritable créateur. Elle écrit, avec sa strength visionnaire, los angeles légende dorée de Jimi Hendrix.

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Ces couleurs qui étaient, peut-être aussi, une forme d’antidote, de remède magique à sa timidité. Je voudrais revenir sur cette timidité de Hendrix qui me rend l’homme si bouleversant. Hendrix était timide jusqu’à los angeles crainte. Tous ceux qui le connurent l’affirmèrent. Hendrix était timide autant qu’il était modeste, un trait aggravant l’autre. Hendrix n’aimait pas los angeles ramener, ni poser pour l. a. galerie, ni mendier des éloges, ni loucher sur une virtuosité que tous lui reconnaissaient, ni se faire, comme on dit, mousser. Jamais gowné au-dessus des autres. Jamais prétentieux. Convaincu que, des sept abominations que haïssait le Seigneur, l. a. première était l’arrogance, comme le prédicateur de son enfance l’avait déclamé, un jour, du haut de l. a. chaire, d’une voix fanatique. D’une modestie si infrequent qu’elle en était touchante et tranchait avec los angeles morgue de los angeles plupart des rockers de l’époque que leur statut de big name avait tellement grisés qu’ils n’en finissaient pas, sur scène autant qu’ailleurs, de pavaner leur vanité, braguette en avant, avec l’aplomb des parvenus, et de se repaître d’eux-mêmes dans une pride des plus écœurantes. D’une modestie, disais-je, si innocente, si peu coquette, si dénuée d’affectation qu’elle désarma tous ceux qui l’approchèrent et lui enable d’être admiré des musiciens de son temps, lesquels auraient pu, devant tant de expertise, se rembrunir ou s’effrayer. D’une modestie qui n’était nullement cette hypocrite contrition qui aime à s’afficher. Qui n’était pas davantage los angeles navrante séquelle d’une absence d’orgueil. Je crois au contraire qu’un orgueil farouche l’autorisait à être humble sans qu’il pût craindre un seul fast d’avoir l’air de s’abaisser. l. a. Légende hendrixienne ne tarit pas sur cette modestie vraie ni sur l’incurable timidité qui lui faisaient le visage doux, impénétrable et doux (pas une des photographies dont on dispose ne le montre avec ce rictus méchant et agressif que presque tous les rockers s’évertuaient à afficher sur les pages des magazines). l. a. Légende dit que, à peine entré dans une pièce, il s’installait dans le coin le plus obscur afin de ne pas attirer l’attention, quand l. a. plupart des rock stars de l’époque ne pensaient qu’à une chose : se faire remarquer de toutes les manières, et surtout des mauvaises. l. a. Légende dit qu’il parlait peu, gardait le silence, savait écouter, aimait écouter. Elle dit que sa timidité et sa modestie étaient si profondes qu’elles l’amenèrent à fuir les cérémonies qu’on organisa en son honneur, lorsqu’il revint, après quatre ans d’absence, dans sa ville natale de Seattle. Elle dit que, lorsque le proviseur du lycée de Seattle voulut lui remettre, à titre honorifique, le certificat de fin d’études qu’il n’avait pu obtenir adolescent, faute d’assiduité, il balbutia quelques mots, emprunté, gourd, mal à l’aise, et écourta brusquement l. a. cérémonie. Elle dit que, lorsque les édiles de l. a. ville voulurent, le même jour, lui remettre symboliquement les clés de Seattle dans une boîte ornée d’un ruban rouge, les clés d’une ville cher monsieur Hendrix où vous avez grandi et que vous avez contribué à rendre illustre, il répondit, dans un petit sourire, que les seules clés qu’il aurait targeté détenir étaient celles de l. a. taule (où il avait été brièvement détenu en 1961 pour un vol de bagnole), puis coupa court docket à tous les compliments, et battit en retraite.

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