Dirigé par Jean-Louis Leutrat.

Le lecteur qui peut encore avoir l. a. faiblesse d'éprouver un sentiment d'exaltation (charmante vieillerie pour certains des plus subtils et des plus savants de nos contemporains) devant telle web page inspirée, a certainement de grandes difficultés à assouvir le vice impuni et inavouable qui le element : l. a. web page inspirée se fait infrequent de nos jours. Il reste donc à ceux qui considèrent comme par trop anémiée los angeles littérature composée sur mesure qui leur est proposée los angeles seule choice d'aller voir ailleurs. Il serait alors bien étonnant que, dans leur solitude, ne leur ait aspect fait signe, d'une manière ou d'une autre, le ténébreux solitaire qui a pour nom Julien Gracq.

Julien Gracq s'est servi à plusieurs reprises de l'image du mancenillier (« le mancenillier abondant des lustres de Venise »). Cet arbre, on le sait, était réputé deadly à ceux qui venaient s'abriter sous son ombrage. Il ne fait aucun doute que s'exprime, dans les récits de l'écrivain, cette humeur noire de nos ancêtres. L'expression de « guetteur mélancolique » s'applique admirablement au personnage gracquien flanqué de son soleil noir. Inutile d'insister, c'est trop évident. Mais Gracq est aussi un mancenillier à l. a. manière de Wagner : « Wagner est un magicien noir - c'est un mancenillier ci l'ombre mortelle - des forêts prises à los angeles glu de sa musique il semble que ne puisse plus s'envoler après lui aucun oiseau. »

La sorcellerie évocatoire de l'enchanteur Gracq, remark y échapper ? remark résister à cette rhétorique dont on a dit qu'elle est une arme du solitaire ? Gracq ne néglige pas los angeles half vague qu'il y a en toute selected, son activité d'écrivain los angeles lui rappelle constamment.

Numérisation réalisée avec le soutien du CNL.

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Sodom and Gomorrah—now in an exceptional translation through John Sturrock—takes up the topic of gay love, female and male, and dwells on how damaging sexual jealousy may be when you endure it. Proust’s novel can be an unforgiving research of either the decadent excessive society of Paris and the increase of a philistine bourgeoisie that's to be able to supplanting it.

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Une terre où il est bon de se coucher pour dormir, ajouta-t-il, perdu dans cette rêverie lourde et presque organique ... ( p . 293). On a partout l’impression d’une lifestyles diminuée et presque souterraine : Nous dûmes passer de longues heures dans ce puits d’oubli et de sommieil. los angeles coupure d u rocher au-dessus de nos têtes était si étroite, et le ciel qui s’y enchdssait si loinfain et si calme, que 1s diversifications d u jour, dans l’absence d u j e u plus allongé des œuvres, ne parvenaient plus jusqu’à nous ; nous reposions de tout notre poids dans los angeles sécurité m ê m e des gisants sous ce f a u x jour de crypte où l’ombre venait se diluer comme dans une 117 eau profonde ; les légers bruits autour de nous : un bruit d’eau vive sur les galets, le lapement insensible et le minuscule gargouillis dans les creux de roche de los angeles marée montante, donnaient à l’écoulement du temps, par leurs longs intervalles suspendus et leurs soudaines reprises une incertitude flottante coupée de rapides sommeils, comme si l. a. moral sense légère qui venait affleurer e n nous par instants eût puisé dans cette émersion m ê m e le minime surcroît de poids qui l. a. replongeait aussitôt dans un court docket évanouissement ( p . 160). Voilà deux êtres enchâssés entre terre et mer ; aux perceptions diaphanes et inconsistantes (ombre, f a u x jour, minuscule gargouillis, incertitude flottante, conscienice légere) ; l. a. plupart du temps (variations du jour, écoulements du temps, longs intcBrvalles)évanouis dans une complète léthargie : l. a. marée est là qui monte, l’eau, qui gargouille sur les galets, mais comme souterraine (puits d’oubli / coupure d u rocher). Par cet enfoncement aux profondeurs, plonger, et replonger (de beaucoup les mots les plus usités du livre) redoublent et recouvrent flotter. Tiré vers le bas, rien ne flotte, au sens du mot. L’eau des Syrtes est sans reflets (au meilleurs des cas, c faiblement miroitante s (p. 88) grâce à los angeles brume laiteuse des, nuits de Maremma), parce qu’elle est chargée de terre. Noire : c U n quai devant nous s’ouvrait à pic sur une eau noire D (p. 89). Tout navire (qui variety se risque à l’échouage ; au naufrage ; Marino lui-même en a fait l’expérience qui met tout son soin à prévenir Aldo. 21 Une côte << instable et boarbeuse », une mer inconnue sont autant de raisons pour ne pas sortir du port. A l. a. floor et dans les profondeurs, cette eau terreuse fermente. Partout ce ne sont que concrétions, plenty spongieuses, moussues et putrides : cependant que les vieux bâteaux rouillent et périssent sur les vasières (= mauvaise cale de lancement), le vieux Daniel0 parle d’Orsenna comme d’une barque pourrie >> (p. 352). I1 s’agit là d’une longue et subtile décomposition qui ne cesse jamais pour l. a. bonne raison que rien ne se perd (on se rappelle que l. a. Seigneurie peut encore après deux cent ans articuler seventy two griefs contre le Farghestan). Aldo remarque ironiquement qu’orsenna fabrique encore de l a terre de cimetière (p. 71). Seule peut venir à manquer l’humidité, l’eau elle-même, grâce à quoi survit et se reproduit celte pourriture : Maremma, autrefois île flottante, meurt crispée et couverte de pustules desséchées (p.

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