By Jean-Philippe Toussaint

Lorsque j'ai commencé à passer mes après-midi dans los angeles salle de bain, je ne comptais pas m'y installer ; non, je coulais là des heures agréables, méditant dans los angeles baignoire avec le sentiment de pertinence miraculeuse que procure l. a. pensée qu'il n'est nul besoin d'exprimer.

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A Case of Curiosities

Tells of the weird adventures of an 18th-century watchmaker and mechanical wizard - Claude web page. Maimed by means of surgical procedure on the age of 12, his guide dexterity destines him to develop into one in every of Europe's such a lot talented inventors while he acquires the abilities of the enamelist and watchmaker.

When Paris Went Dark: The City of Light Under German Occupation, 1940-1944

The spellbinding and revealing chronicle of Nazi-occupied Paris On June 14, 1940, German tanks entered a silent and approximately abandoned Paris. 8 days later, France authorised a humiliating defeat and overseas profession. accordingly, an eerie experience of normalcy settled over town of sunshine. Many Parisians keenly tailored themselves to the situation-even allied themselves with their Nazi overlords.

The Patagonian Hare: A Memoir

"Even if I lived 100 lives, I nonetheless would not be exhausted. " those phrases seize the depth of the reports of Claude Lanzmann, a guy whose acts have continually been a negation of resignation: a member of the French Resistance at 16, a chum to Jean-Paul Sartre and a lover to Simone de Beauvoir, and the director of flicks together with probably the most very important movies within the historical past of cinema, Shoah.

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Tout mon corps était tendu, mes yeux étaient intenses. Je fixais le centre de l. a. cible avec une détermination absolue, faisais le vide dans ma tête — et lançais. 20) Les après-midi s’écoulaient paisiblement. Quand je faisais l. a. sieste, je me réveillais de mauvaise humeur, les mâchoires engourdies. Boutonnant mon pardessus, je descendais au bar qui, à cette heure, était particulièrement désert. Dès qu’il me voyait arriver, le barman quittait son fauteuil et, à pas lents, me précédait jusqu’au comptoir. Sans que j’eusse besoin de dire quoi que ce soit, il vissait sèchement un filtre dans le percolateur, déposait une soucoupe devant moi. Lorsqu’il m’avait servi, il avançait le sucrier jusqu’à ma tasse, s’essuyait les mains et, reprenant son magazine, allait se rasseoir dans son fauteuil. 21) J’achetais un quotidien presque tous les jours. Je regardais les photographs, lisais l. a. rubrique météorologique, très claire, qui comportait un dessin stylisé du mouvement des nuages et un relevé des températures minimales et maximales, constatées ou prévues, pour le jour même et pour le lendemain. Je parcourais les pages de politique internationale aussi, consultais les résultats sportifs, les annonces de spectacle. 22) Peu à peu, je commençais à sympathiser avec le barman. Nous échangions des tendencies de tête chaque fois que nous nous croisions dans les escaliers. Lorsque j’allais prendre mon café, en fin d’après-midi, il nous arrivait de converser. Nous parlions de soccer, de classes vehicles. L’absence d’une langue commune ne nous décourageait pas ; sur le cyclisme, par exemple, nous étions intarissables. Moser, disait-il. Merckx, faisais-je remarquer au bout d’un petit second. Coppi, disait-il, Fausto Coppi. Je tournais ma cuillère dans le café, approuvant de l. a. tête, pensif. Bruyère, murmurais-je. Bruyère ? disait-il. Oui, oui, Bruyère. Il ne semblait pas convaincu. Je pensais que los angeles dialog s’en tiendrait là, mais, alors que je me disposais à quitter le comptoir, me retenant par le bras, il m’a dit Gimondi. Van Springel, répondis-je. Planckaert, ajoutai-je, Dierieckx, Willems, Van Impe, Van Looy, de Vlaeminck, Roger de Vlaeminck et son frère, Éric. Que pouvait-on répondre à cela ? Il n’insista pas. Je payai le café et remontai dans ma chambre. 23) Les fléchettes ne s’enfonçaient pas bien dans l. a. cible. Parfois, après s’être imparfaitement plantées, déséquilibrées par los angeles masse trop lourde du manche, elles retombaient sur le sol. Cela me contrariait à chaque fois. Assis sur le bord du lit, j’aiguisai les pointes avec une lame de rasoir. 24) Je me réveillai en pleine nuit. Seul. Après avoir rôdé quelque temps en pyjama dans ma chambre, je revêtis mon pardessus et sortis dans le couloir, pieds nus, les bras tendus devant moi. L’hôtel était sombre. Je descendis les escaliers en regardant autour de moi. Les meubles présentaient des formes humaines, plusieurs chaises me fixaient. Des ombres noires et grises, ocellées, çà et là, m’effrayaient. Je rentrais l. a. tête dans les épaules, resserrais le col de mon manteau.

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