By Henri Barbusse

Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de situation sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous los angeles pluie et le feu de l. a. mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies : "I'faut t'nir". Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus : leur braveness, leur camaraderie, leur argot, mais aussi l. a. saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et l. a. presse patriotique l. a. censurent. Il faudra un roman comme Le feu pour en dire toute l. a. barbarie mécanique, mais aussi l'espoir : celui de s'en sortir vivant.

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Le gros Lamuse, vide de sang, avait une determine tuméfiée et plissée dont les yeux s'enfonçaient graduellement dans leurs trous, l'un plus que l'autre. On l'a entouré d'une toile de tente qui se trempe d'une tache noirâtre à l. a. position du cou. Il a ecu l'épaule droite hachée par plusieurs balles et le bras ne tient plus que par des lanières d'étoffe de l. a. manche et des ficelles qu'on y a mises. l. a. première nuit qu'on l'a placé là, ce bras pendait hors du tas des morts et sa major jaune, recroquevillée sur une poignée de terre, touchait les figures des passants. On a épinglé le bras à l. a. capote. Un nuage de pestilence begin à se balancer sur les restes de ces créatures avec lesquelles on a si étroitement vécu, si longtemps souffert. Quand nous les voyons, nous disons : � Ils sont morts tous les quatre. » Mais ils sont trop déformés pour que nous pensions vraiment : � Ce sont eux. » Et il faut se détourner de ces monstres immobiles pour éprouver le vide qu'ils laissent entre nous et les choses communes qui sont déchirées. Ceux des autres compagnies ou des autres régiments, les étrangers, qui passent ici le jour – la nuit, on s'appuie inconsciemment sur tout ce qui est à portée de los angeles major, mort ou vivant –, ont un haut-le-corps devant ces cadavres plaqués l'un sur l'autre en pleine tranchée. Parfois ils se mettent en colère : – À quoi qu'on pense, de laisser là ces macchabs ? – C'est t'honteux ! Puis ils ajoutent : – C'est vrai qu'on ne peut pas les ôter de là. En attendant, ils ne sont enterrés que dans l. a. nuit. Le matin est venu. On découvre, en face, l'autre versant du ravin : los angeles cote 119, une colline rasée, pelée, grattée – veinée de boyaux tremblés et striée de tranchées parallèles montrant à vif los angeles glaise et l. a. terre crayeuse. Rien n'y bouge et nos obus qui y déferlent çà et là, avec de larges jets d'écume comme des vagues immenses, semblent frapper leurs coups sonores contre un grand môle ruineux et abandonné. Mon journey de veille est terminé, et les autres veilleurs, enveloppés de toiles de tente humides et coulantes, avec leurs zébrures et leurs plaquages de boue, et leurs gueules livides, se dégagent de l. a. terre où ils sont encastrés, se meuvent et descendent. Le 2e peloton vient occuper los angeles banquette de tir et les créneaux. Pour nous, repos jusqu'au soir. On bâille, on se promène. On voit passer un camarade, puis un autre. Des officiers circulent, munis de périscopes et de longues-vues. On se retrouve ; on se remet à vivre. Les propos habituels se croisent et se choquent. Et n'étaient l'aspect délabré, les lignes défaites du fossé qui nous ensevelit sur l. a. pente du ravin, et aussi l. a. sourdine imposée aux voix, on se croirait dans les lignes d'arrière. De los angeles lassitude pèse pourtant sur tous, les faces sont jaunies, les paupières rougies ; à strength de veiller, on a los angeles tête des gens qui ont pleuré. Tous, depuis quelques jours, nous nous courbons et nous avons vieilli. L'un après l'autre, les hommes de mon escouade ont conflué à un tournant de l. a. tranchée. Ils se tassent à l'endroit où le sol est tout crayeux et où, au-dessous de l. a. croûte de terre hérissée de racines coupées, le terrassement a mis au jour des couches de pierres blanches qui étaient étendues dans les ténèbres depuis plus de cent mille ans.

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