By Paul Valéry

'Tu m'as donné les plus entièrement tendres, les plus parfaites heures de ma vie. J'ai cru que quelque prodige de correspondance harmonique entre nous s'était révélé, selected rarissime, qui ne pouvait que se renforcer, vibration identique entre les âmes, les esprits et les corps. Et en vérité, depuis que nous nous voyons je ressens cet accord exceptionnel sonner de plus en plus citadel dans los angeles substance de ma vie même.' (Paul Valéry à Jean Voilier, 1940.)

Paul Valéry se lie en 1937 à l. a. romancière Jeanne Loviton, dite Jean Voilier. Les lettres qu'il lui adresse sept années durant témoignent de l'extraordinaire ardour qui l'anime, de son aspiration à cet idéal amoureux qui, pour lui, élève les âmes et les corps à leur plus haut niveau d'accomplissement et d'entente.

Aussi bien le poète se livre-t-il tout entier à los angeles puissante emprise de cette dernière liaison, ne renonçant jamais au chant de l'amour malgré les peines du jour, les fatigues morales et physiques de l'âge et les intermittences de sa nouvelle muse. Il ne s'agit plus dès lors de distinguer entre l'amour et ce qui est dit de l'amour, entre l'œuvre et l. a. vie. Comme les poèmes à Jean Voilier réunis dans Corona & Coronilla et comme l. a. Cantate du Narcisse ou Mon Faust écrits en ces mêmes années, ces lettres sont autant de 'produits de sensibilité' qui, à leur manière très personnelle, concourent à los angeles réalisation du grand projet sensuel et spirituel qui fut celuoi de Paul Valéry... jusqu'à los angeles déchirante séparation voulue par Jean Voilier le jour de Pâques 1945, quatre mois avant los angeles mort du poète.

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Tu comprends.. Et ce beau bracelet que je vois à ton bras, riant à tes yeux, me fait souffrir de n’être pas ni de ne pouvoir être un gros bijou venu de moi. Tu es donc du 27/348. Je n’en savais rien. Je ne t’aurais pas envoyé du rubis. Mais je ne sais quoi. Alors tu as renouvelé tes gens ! Elvira ?? Les gardiens ? Quel tintouin ! Et le travail ? Le livre ! Ici je finis par me réduire à je ne sais quel étrange animal. l. a. phobie de Paris m’a pris. Les gens m’ennuient. Et je fuis ma pensée. À quoi que je pense, cela me fait mal ou bien me fatigue. Ah, mon chéri —  la vie dans cette époque devient un sot métier. Je sens tellement fortement que les dieux sont morts. Si je pouvais te serrer, te chérir à te rompre. Hélas ! 14949 Vendredi [12 avril 1940]     Hier mauvaise journée. J’ai cru un quick être repris. J’ai european froid. Aujourd’hui, mieux —  j’ai dormi par fragments assez pleins de repos. À trois heures cinquante, éveillé, et j’ai entendu les vaines canonnades de DCA. Puis rendormi. J’ai pu ne pas prendre l’Allonal qui était là. Je ne veux pas de ces chimies. Mais j’étais si fatigué après l. a. précédente nuit que B. 50 m’avait presque enjoint de prendre cette drogue. Tout cela, et les nouvelles, et les rumeurs qui me viennent de Paris.. Je finis par me recroqueviller dans cette chambre —  avec l. a. phobie d’aller à los angeles ville. Tout me semble incommensurablement bête. C’est une maladie à laquelle il faudra que je trouve un nom grec pour en faire cadeau aux psychiatres. Enfin ce soir, je me suis mis à écrire sans l. a. moindre envie ni le moindre génie une � scène » de mon discussion � des choses divines » qui est l’apparition du Daimôn de Socrate. Il s’agit simplement d’enfoncer d’un coup Platon et Goethe. Un rien ! Je vois comme determine de cet esprit qui apparaît et marche sur los angeles mer —  un bronze qui est au British —  et qui est qualifié ύπνος, c’est-à-dire le sommeil. Il a une grande aile sur le côté gauche (? ) de l. a. tête. Peut-être en avait-il deux, symétriques, et était-ce un Hermès ? Il faudrait que je fasse quelques vers, une sorte de chanson très étrange qu’il chantonnerait en s’approchant de mes personnages ébahis —  de quoi je suis fortress embarrassé. —  Mais ma tête premièrement est faible ; deuxièmement est ailleurs. J’ai écrit aussi un sujet de roman ! Pour qui en veut. C’est aussi bête que si ce fût de B.. ou de B’ ! et cela se passe dans une maison de santé.. Et tout ceci n’est rien. Ah ! mon gros joyau, Or et rubis ! Ce fameux bracelet me fait rêver. Je le vois chatoyer sur un bras.. Il n’y a que le bras ! Où est le corps ? Où est le cœur ? Où es-tu ? Dis-moi tes journées. Samedi [13 avril 1940]     Fatigue. Je tâche de rédiger plus nettement ce que j’ai grossement faufilé hier. Mais le nuage l’emporte dans mon ciel cérébral. aspect de lumière, element d’azur, ni dehors ni dedans. Froid et pluie. Le courrier ? Le Château est muet. los angeles Belle est invisible. Le facteur est venu pour d’autres, ce matin. Fatigue. effect que je ne signifie plus rien pour moi-même. Je vois trop que je pense et que je pourrais aussi bien ne pas penser.

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